Osez demander de l’aide sociale

Osez être aidé : Le constat

Selon l’Observatoire des inégalités, la France comptait près de neuf millions de personnes en situation de pauvreté en 2015. Notre culture ne nous a pas habitués à recevoir de l’aide sociale. Aller chercher de l’aide peut même être vécu comme une faiblesse car cela peut nous renvoyer à nos propres échecs.

Osez être aidé : Les freins

Lorsqu’on est en situation précaire, que l’on vit sous le seuil de pauvreté, des freins existent et rendent difficile l’accès à l’aide alimentaire. Il existe plusieurs types de freins tels les freins géographiques. Il est compliqué de se rendre dans une structure d’accueil lorsqu’on vit à la campagne ou dans des endroits mal desservis par les transports en commun. Il y a aussi les freins financiers. Bien souvent une participation financière est demandée ; même si elle nous semble modique, cela peut être compliqué en fin de mois. On trouve aussi des freins psychologiques. Il faut surmonter le regard de l’autre et surtout accepter cette situation stigmatisante : s’assumer comme étant “pauvre“.

Osez être aidé : Comment surmonter ces freins ?

Pour faire évoluer les choses, il est important de ne pas placer la personne en situation d’assistanat : “l’assistanat désigne une relation sociale qui maintient les individus dans un état de dépendance” (dictionnaire Larousse). Les associations humanitaires l’ont bien compris et mettent de plus en plus l’accent sur l’accompagnement. Elles inscrivent leurs bénévoles à des formations sur l’accueil.

L’accompagnement : Un “savoir-être”

Ainsi, l’accueillant (personne qui reçoit) établit une relation de qualité avec la personne accueillie. Ainsi, je reconnais la personne qui vient chercher de l’aide.
On aide la personne, on ne lui impose pas de l’aide. Il faut dépasser l’aide alimentaire traditionnelle pour aller vers un accompagnement par l’alimentation, soient un soutien,  des rythmes de santé, des conseils nutritionnels…

L’accompagnement : Pour dépasser l’image de “soupe populaire”

Malgré tout, l’aide alimentaire conserve un peu l’image de “soupe populaire“.  Aussi, pour gommer cette image, les associations comme le Secours Populaire mettent en place des actions d’accompagnement destinées aux bénéficiaires. En plus de l’aide alimentaire à proprement parlée, des ateliers cuisine permettent de cuisiner les aliments distribués dans le colis alimentaire. Il arrive que de grands chefs cuisiniers collaborent à ses ateliers.

Cependant, se nourrir n’est qu’un des besoins fondamentaux de l’être humain. Les associations caritatives programmes des actions culturelles telles que des sorties au théâtre, au cinéma. Pour que les bénéficiaires soient plus autonomes, il existe aussi des cours d’alphabétisation, du soutien scolaire pour les enfants,des séjours vacances pour les familles…

L’accompagnement : Pour changer les regards

C’est par un travail de communication et d’information qu’on arrivera à changer les regards. On ne choisit pas d’être pauvre. De même, ce n’est pas de faire la charité que de vouloir aider. Il est seulement inacceptable qu’une partie de la population se retrouve au ban de la société parce qu’elle est en situation financière précaire.
Lorsque l’on aide, on n’est pas une bonne âme qui fait la charité, on le fait parce qu’on croit en la justice sociale. Ensuite, peut-être, ceux qui ont été aidés, aideront à leur tour.

Plus d’infos : observatoire des inégalités en France

Secours populaire

Interview et article : Karima Boudesseul

 

 

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