Le Street-art, entre vandalisme et cimaises

Graphe, peinture murale

 “Si j’étais né au XVIème siècle, j’aurais fait de la peinture Renaissance, mais je suis né en 1982, du coup, c’est la bombe de peinture. Et j’aime profondément cet art”
–Pyrate – Graffitti artist basé à Nîmes

 

Le Street-art, un art mondial

De Paris à Londres en passant par Bangkok et Nîmes, le Street art s’expose dans les rues et les endroits publics. Ses rythmes, ses couleurs, sa culture, jouent la transgression. Les murs se rebellent à coups de bombes acryliques. Par pans entiers, ils affichent des fresques aux motifs débridés.

Le Street-art, de l’encre coulant sur les murs

Dans les années 80 naissantes, en France, le street-art est considéré comme une dégradation des édifices. Il est répréhensible, illégal. Ceux que l’on appelle « les tagueurs » sortent la nuit, guettent les patrouilles policières. Ils témoignent de leur passage à grands gestes de bombes aérosols.

Le 1er mai 1991, la France se réveille médusée par le vandalisme commis à la station de métro “Louvre-Rivoli” entièrement recouverte de taggs. La culture consacrée est prise à partie par une bande de “délinquants” qui courent vite. Les factures de nettoyage sont lourdes pour laver ces graffs insolents s’affichant sur toutes les lignes de métro. De la signature griffonnée, le street-art évolue peu à peu vers des fresques composées, bonheur graphique des « Bobos » et de l’art contemporain.

Le 17 décembre 1991 , Jack Lang, Ministre de la Culture, organise une performance sous la Grande Arche de la Défense et invite en guests-stars les auteurs du bombage de la station Louvre-Rivoli.

Le Street-art, vers une transformation de la trangression

Dans les grandes mégapoles, des styles et des pratiques du street-art s’éloignent peu à peu de la simple signature. La prise de risque, la multiplication de son Blazz au marqueur indélébile, délimitant un territoire de plus en plus vaste, ne suffisent plus aux artistes. Le graff se veut œuvre plastique. A New-York, des peintres s’intéressent au street-art et offrent des œuvres libres et gratuites aux voyageurs des métros. Pochoirs et autres techniques repoussent les limites pour atteindre une consécration libre, signée par des artistes devenus célèbres.

Le Street-art, des artistes reconnus

Bansky, Basquiat, Keith Harring, Rammellzee, Misstik et autres laissent alors une œuvre dont la notoriété pénètre les expositions, les galeries et les salles de ventes. Ces œuvres suivent malgré tout leur chemin iconoclaste. Ainsi, en octobre 2018, la toile, « Girl with balloon » de Bansky s’est partiellement auto-détruite après avoir été adjugée plus d’un million d’euros, devant le public médusé de la très réputée maison d’enchères Sotheby’s.

Suite à cette auto-destruction résolument provocatrice, la collectionneuse qui avait dépensé une somme très confortable pour obtenir “la petite fille au ballon” déclare, enchantée “qu’elle allait posséder un bout d’histoire de l’art”.

Le Street-art, encore révolté ?

Il n’en reste pas moins que le street-art n’est pas circoncrit par une définition absolue. Ecloz, qui a débuté en peignant des friches industrielles et des bords d’autoroute propose maintenant des ateliers graff en EHPAD. Azyle, quant à lui, ne voit pas les choses du même œil. Tenant aux fondamentaux qui ont fait le graff, soient la traque, la prise de risque, le danger, Azyle tague, il ne dessine pas ! Il signe son nom en arabesques telles des tapisseries grandioses.

Le Street-art, à Nîmes et dans le Gard

A Nîmes, avec “L’expo de ouf”, la déambulation devient visite commentée entre anamorphoses et autres fresques géantes. Dans les quartiers Gambetta et Richelieu, des ruelles sont métamorphosées par un street-art coloré et protéiforme. Les fourmis du Sétois DH cohabitent avec la glace géante du graffeur Hersk. Et lorsque l’on se balade vers Rodilhan, des “writers” comme Rodes, l’Isecte, Zeklo… ont réalisé avec l’association Da Storm, une longue fresque vers le chemin des canaux, dans le cadre du projet “Tout simplement“.

Le temps  s’éloigne où “Street-art” était synonyme de vandalisme.

Pour en savoir plus sur le Street-art :“L’expo de ouf”  , Da stormRodesLe moulin crew, Tour d’horizon des nouveaux lieux du street art en France

 

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