Le Kamishibaï, envoûtant castelet venu du Japon

Le Kamishibaï, qu’est-ce que c’est ?

« kami » signifie papier, « shibaï » théâtre. Originellement du Japon, ce sont des Conteurs à vélo ; ils se rendaient de village en village équipés d’un castelet en bois appelé butaï dans lequel ils glissaient des aquarelles en papier. On les nommait couramment « oncles kamishibaïs » ou « kamishibayas ». Lorsque l’un d’eux s’installait au coin d’une rue, tous les enfants du quartier accouraient. On permettait à ceux qui achetaient des patates douces ou des bonbons en guise de tickets de se placer aux premiers rangs. La tradition du récit par l’image est quelque chose de très présent au Japon, peut-être parce que l’imprimerie est arrivée plus tard qu’en Occident.  Les oncles kamishibaïs étaient des milliers à parcourir les routes jusque dans les années 1960, avant que la télévision n’arrive. C’est donc avec l’arrivée de ce que les spectateurs appelèrent le « kamishibaï électrique » que disparut progressivement au Japon, ce médium fabuleux à la frontière des arts visuels et du théâtre d’objets.

Le Kamishibaï, des histoires et des contes

Une vingtaine d’images se succédaient dans le cadre du butaï accompagnées de la voix du conteur. Tout l’art du kamishibayas résidait dans la manière de faire se succéder les plans selon le rythme de l’histoire. Parfois, rester un long moment sur un seul dessin augmentait le suspens tandis que l’émotion pouvait être précipitée par le glissement prompt de la scène suivante. L’influence de cet art populaire sur la jeunesse était très ancré dans la culture.

Le Kamishibaï, d’où ça vient ?

Les Kamishibaïs naquirent dans les années 1930 au Japon. L’art du Kamishibaï s’inspire de la peinture traditionnelle japonaise et occidentale. Il emprunte à cette dernière le clai- obscur auparavant absent de la représentation japonaise. Le cinéma apparu en 1895 fit connaître la culture occidentale en Asie et les artistes de Kamishibaïs s’en nourrirent énormément. Ainsi, de nombreuses aquarelles reproduisent le cadrage cinématographique. Le Kamishibaï était aussi utilisé comme journal du soir par l’agence de presse Asahi qui innovait en combinant photographies et dessins.

Le Kamishibaï, comment est-ce parvenu en France ?

Les arts du spectacle savent faire réapparaître les techniques de contes qui ont marqué certaines des civilisations, et notamment à l’ère du mangas, BD prisée des enfants occidentaux  !  Cet outil de conte japonais est notamment arrivé en France dans les années 70 avec l’engouement pour les nouvelles pédagogies qui expérimentent des méthodes attractives d’éducation dont peuvent se nourrir les enseignants.

Le Kamishibaï et l’association « Lire et faire lire »

Devant la fascination que procure le Kamishibaï dans les imaginaires des enfants, Madame Saez, institutrice à la retraite et coordinatrice de l’association « Lire et faire lire », a pressenti l’efficacité des séances de spectacle Kamishibaï . La magie de ces représentations permet de développer écoute, attention et envie de lire. Elle a donc formé les bénévoles de son association à accompagner dans les règles de l’art, ce medium éducatif. La mise à disposition de cette forme d’art du spectacle, facilement itinérant dans les lieux d’accueil d’un public jeune, est une façon attractive de raviver la mission première du Kamishibaï. En effet, aujourd’hui ce théâtre de poche ambulant est à la portée des enfants. Cet objet mis au point de façon très professionnelle est de petit encombrement et d’une grande portée poétique. Des planches magnifiquement illustrées sont éditées par des spécialistes de la littérature enfantine.  Quand le Kamishibaï est installé, les enfants sont plongés dans l’ambiance feutrée du spectacle, une plage sonore accompagne la création.

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Reportage et article : Anabel Sanchez – EntreVoix

 

 

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